Travaux Dirigés
sur "la pauvreté" - Le débat sur les aides sociales
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Les aides
sociales sont nombreuses et complexes en France mais leur
cumul est limité.
Les allocations familiales sont versées à
toutes les familles de 2 enfants ou plus de moins de 20 ans
dont le revenu propre est inférieur à la moitié
du SMIC. Montants nets au 01/01/2003: 2 enfants: 110,71 EUR,
3 enfants: 252,55 EUR, 4 enfants: 394,38 EUR, enfant supplémentaire:
141,84 EUR.
Les indemnités de chômage sont versées
au chômeur s'il a travaillé, cotisé précédemment,
s'il est inscrit à l'ANPE sans refuser d'emploi et
pour un temps limité (2 ans s'il a travaillé
plus de ce temps). Les indemnités dépendent
de l'ancien salaire et de la durée de chômage.
L'allocation de solidarité est de 13 euros par jour.
Toutes les aides suivantes
sont versées sous condition de ressources :
L'allocation logement dépend du logement et
de la situation de famille.
L'allocation pour adulte handicapé est versée
sous conditions de ressource et est de 568 euros par mois.
Le Revenu Minimum d'insertion créé en
1988, maximum de 405 euros par mois pour une personne seule
(toutes allocations cumulées).
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Toute
personne qui, en raison de son âge, de son état
physique ou mental, de la situation de l'économie
et de l'emploi, se trouve dans l'incapacité de
travailler, a le droit d'obtenir de la collectivité
des moyens convenables d'existence. L'insertion sociale
et professionnelle des personnes en difficulté
constitue un impératif national. |
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La lutte contre
les exclusions est un impératif national fondé
sur le respect de l'égale dignité de tous
les êtres humains et une priorité de l'ensemble
des politiques publiques de la Nation. |
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Document
1A
Ce sont plus du tiers des familles nombreuses et des familles
monoparentales qui se trouveraient en dessous du seuil de pauvreté
en labsence de prestations sociales. Celles-ci permettent en
particulier à plus de 200 000 familles monoparentales et à
380 000 familles nombreuses de sortir de la pauvreté. Au total,
ce sont plus de 2,2 millions denfants qui échappent à
la pauvreté grâce à ces prestations. |
Document
2
Considérons par exemple une femme de 35 ans dont le conjoint
ne travaille pas et qui a deux enfants de 5 et 7 ans à charge.
Si cette femme ne travaille pas, le ménage a des ressources
nettes R(0) = 7 000 francs par mois qui se décomposent en 800
francs de prestations familiales, 3900 francs de RMI et 2 300 francs
dallocation logement.
Si elle se met à travailler, le ménage na plus
droit au RMI ; il perd brutalement
4000 francs par mois à la sortie du RMI, du fait des modalités
dattribution de lallocation logement et de paiement de
la taxe dhabitation. Compte tenu de la dégressivité
des prestations, la reprise par cette femme dun emploi payé
au Smic naugmente les
ressources de son ménage que denviron 350 francs par
mois, soit 2 francs par heure travaillée ; cest ce quon
appelle habituellement la trappe à pauvreté. |
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B-
En janvier 1998, 26 % des allocataires du RMI de décembre
1996 ont un emploi, 17 % sont inactifs et 57 % sont chômeurs.
Les trois quarts de ces chômeurs cherchent activement un emploi
: ils ont fait au moins une démarche de recherche au cours
des six mois précédant lenquête (janvier
1998). Sur ce point, les chômeurs au RMI (ou récemment
sortis du dispositif) ne semblent guère se distinguer de lensemble
des chômeurs. |
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Les
difficultés économiques ou des problèmes
de santé peuvent empêcher certaines personnes
de travailler. Pour assurer leur dignité, ils doivent
recevoir un revenu minimum. |
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La
loi a été modifiée en 2001 pour éviter
cette baisse brutale de revenus : "la prime pour l'emploi"
est versée aux bas revenus qui ont un emploi. C'est
en quelque sorte une aide sociale pour favoriser le travail. |
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La suppression du
RMI conduirait à la pauvreté 2,2 millions
d'enfants, qui ne peuvent être évidemment
responsables de cette situation mais qui en subiraient
les conséquences.
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Un "faux-chômeur"
ne cherche pas réellement du travail : les 3/4
des RMistes cherchent du travail, ce qui est la même
proportion que les autres chômeurs.
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Le RMI est considéré
comme une "trappe à pauvreté"
car il décourage le travail en réduisant
le gain d'un emploi et donc l'incitation au travail. De
ce fait, les personnes ne se sortiront pas de la pauvreté.
La référence théorique est néo-classique
: il s'agit d'étudier le comportement micro-économique
des agents économiques qui comparent les avantages
économiques du travail à son coût.
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Si le RMi était
totalement une "trappe à pauvreté",
les RMistes chercheraient moins du travail que les autres
chômeurs, ce qui n'est pas le cas (doc 1b).
La situation est complexe : l'étude de G. Laroque
et C. Salanié a trouvé parmi le non-emploi
des 25-49 ans en France en 1997,
- 57 % de non-emploi volontaire,
- 20 % de personnes sans emploi qui souhaitent travailler
mais ne sont pas assez productives pour prétendre
à un salaire supérieur au Smic,
- 23 % de personnes qui, pour des raisons diverses, ne
trouvent pas demploi malgré leur désir
de travailler et une qualification suffisante.
( Donc 43% de personnes qui souhaitent travailler mais
ne trouvent pas de travail : le RMI ne peut en être
tenu responsable. )
Pour une étude
complète des effets du RMI, il faudrait aussi prendre
en compte l'effet sur la consommation globale (sur la
demande et donc l'emploi : l'analyse keynésienne),
ce que n'étudie pas l'analyse en termes de "trappe
à pauvreté".
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Le non-emploi inclut
les chômeurs mais aussi les inactifs.
Le non-emploi volontaire inclut les femmes au foyer et
toutes les personnes qui ne souhaitent pas travailler,
compte tenu de leur situation familiale, de leur état
de santé, du salaire auquel elles peuvent prétendre
et du jeu complexe des prélèvements fiscaux
et des transferts sociaux .
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Que veut
dire l'expression : "le RMI est une trappe à pauvreté"
(document 3) ? Quel est le courant économique qui utilise ce terme
?
Quelle
critique apporte le document 1b ? |
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