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En France, depuis l'époque faste et encore récente des trente glorieuses, la croissance économique , c'est-à-dire l'augmentation durable de la production, est synonyme de développement : des changements qualitatifs économiques, sociaux et politiques ont accompagné la croissance et l'ont rendue durable. Mais la pauvreté et le travail des enfants au détriment de leur santé future dans certains pays du Tiers-Monde font se demander si la situation est partout la même et si la croissance s'accompagne toujours d'un développement humain. Les phénomènes de pollution et de destruction de la nature posent également la question de la durabilité de cette croissance : si les ressources naturelles sont détruites, comment se poursuivra la croissance ? Pour étudier ces problèmes, nous verrons les cas où la croissance s'est accompagnée d'un développement et les situations où ce ne fut pas le cas.
La croissance économique et le développement vont souvent de
pair. La Corée du Sud, exemple de Nouveau Pays Industrialisé,
a connu une croissance exceptionnelle : sa production a augmenté de 8,7%
par an en moyenne de 1980 à 93 (document 4)
permettant un développement sans précédent mesuré
par son IDH qui est passé de 0,666 à 0,890 (le maximum est 1).
Même Karl Marx (document 5), économiste
du XIXe siècle, qui critiquait fortement le système capitaliste,
reconnaissait qu'il permet une expansion sans précédent des forces
productives.
Le regroupement des travailleurs dans les manufactures puis dans les usines
ont permis de mieux étudier le travail, d'améliorer l'organisation
et d'augmenter les rendements. La simplifcation des tâches a favorisé
le progrès technique. Contrairement aux autres
types d'économie, le capitalisme permet à celui qui découvre
de nouveaux procédés de fabrication ou de nouveaux produits d'en
tirer des bénéfices personnels. La recherche des gains de
productivité sest stimulée : chaque travailleur produit plus dans
le même temps. Le niveau de vie peut augmenter mais la croissance
n'est facteur de développement humain que si elle profite à toute
la population (document 1)
« en distribuant les avantages équitablement ».
Ce fut le cas pendant les « 30 glorieuses » : le fordisme a été
un système où les gains de productivité ont profité
à la fois aux consommateurs (baisse des prix) et aux salariés
(hausse des salaires). Cette augmentation du pouvoir d'achat entraînait
une hausse de la consommation et cette augmentation de la demande amenait encore
plus de croissance. Les éléments essentiels du développement
humain étaient favorisés : le niveau de vie, la santé et
l'éducation.
Le niveau de vie de la population a augmenté lui permettant d'avoir
une alimentation plus équilibrée et d'acquérir des biens
d'équipement. L'acquisition de réfrigérateur permet aux
ménages de conserver plus longtemps les aliments et d'éviter d'avoir
des aliments avariés : la consommation se transforme.
Alors qu'au XIXème siècle, l'essentiel des dépenses concernaient
les dépenses essentielles : alimentation, habillement, chauffage, aujourd'hui
les dépenses qu'Engel, statisticien allemand de la fin du XIXème
nommaient « de luxe », se développent, tels les loisirs ou
la santé. Cela implique des changements d'emplois. L'industrie
d'abord a pris la place de l'agriculture et aujourd'hui le tertiaire domine
dans les pays développés.
L'amélioration a aussi été sociale : les besoins
sociaux comme la santé et l'éducation ont été pris
en charge par l'Etat grâce aux impôts et directement par les travailleurs
grâce aux hausses de salaires. Au XIXe, les ouvriers ne pouvaient pas
se soigner en cas de maladie, aujourd'hui ils le peuvent. L'amélioration
individuelle du bien être sert l'activité économique en
rendant les travailleurs plus productifs. De même, l'amélioration
du niveau d'éducation de la population permet plus de réflexion
personnelle, de plaisir culturel, une mobilité sociale accrue et un travail
plus efficace.
Ces effets positifs rendent la croissance durable : une population mieux
nourrie, mieux soignée, plus éduquée peut produire davantage,
ce qui assure la croissance future.
On peut donc dire que la croissance, grâce aux gains de productivité,
s'accompagne généralement d'un développement humain et
durable. Mais est-ce toujours le cas ?
Non, il existe de mauvaises croissances. Ce sont celles qui ne répartissent
pas équitablement les fruits de la croissance et détruisent l'environnement
(document 1)
La première raison de cet écart entre croissance et développement
est liée à la mesure de la croissance. En effet, celle-ci est
le plus souvent mesurée par le PIB du pays (document
3). Or celui-ci ne mesure pas le développement car il ne prend
en compte que le facteur économique de la production et ne tient pas
compte de l'évolution démographique.
Si la croissance démographique est plus importante que la croissance
économique, le développement est impossible puisque les richesses
créées sont réparties entre une population plus élevée
et que son niveau de vie est donc réduit au lieu d'être augmenté.
Ce fut le cas des Emirats Arabes Unis de 1960 à 1995 (document
2).
Un même PIB par habitant peut correspondre à des niveaux d'éducation
et de santé très différent : la Guinée et Sri-Lanka
ont 5OO $ par habitant et des IDH de 0,2 et 0,5 ( sur 1 ). Ce dernier indicateur
mesure mieux le développement car lorsque les inégalités,
le chômage et la pauvreté sont élevés, une partie
de la population ne peut se soigner et s'éduquer : les PIB / habitant
peut le cacher, l'IDH le mesure. Un pays peut avoir un taux de croissance
assez fort sans pour autant que sa population en profite. Un régime autoritaire
maintenu en place grâce à la force pourra empêcher la répartition
sociale de la croissance. Ainsi les pays comme la Chine ou l'Argentine ont connu
ses dernières années des taux de croissance très élevés
alors que les droits de l'homme n'y sont pas respectés et que la pauvreté
est très importante. On ne peut parler de développement si une
très grande partie de la population ne connaît pas de hausse de
son bien-être. Et la pollution y participe.
Les problèmes écologiques ne sont pas toujours pris en compte
par les entreprises. Utiliser tout le pétrole d'un pays, polluer avec
l'extraction de matières radioactives ou de mercure peuvent définitivement
détruire les possibilités de développement futur.
Le « modèle de développement occidental » est fondé
sur le gaspillage : il faut renouveler rapidement les consommations pour que
les entreprises vendent plus. L'automobile en est le symbole (document
6) critiquable. Les pays du tiers monde qui ont voulu copier ce modèle
se trouvent souvent enfermés dans une dépendance qui revêt
de multiples formes (technologique, commerciale, financière et surtout
culturelle) et dans une situation de non-maîtrise de leur devenir, alors
que l'autonomie est au centre du concept de développement. La paix
sociale, le bonheur, l'égalité, la liberté, la sécurité,
nécessitent-ils de produire toujours plus ?
Croissance et développement sont deux concepts à ne pas confondre. Ils vont souvent l'un avec l'autre quand les gains de productivité profitent aux consommateurs et aux salariés mais peuvent aussi aller sans l'autre. Si certains aujourd'hui rêvent du retour de la croissance pour voir se résoudre tous nos maux (chômage, délinquance, etc.), d'autres se disent que, pour améliorer le développement humain et faire en sorte qu'il soit durable, il vaudrait mieux renoncer à la « mauvaise croissance » voire à la croissance tout court
L'étude de la dissertation est terminée.